Dans beaucoup d’entreprises, l’entretien professionnel est encore vécu comme un passage obligé. On le planifie, on suit une trame, on rédige un compte rendu… puis le quotidien reprend le dessus.
Et pourtant, ces échanges sont loin d’être anodins. Ils permettent d’anticiper les évolutions, de mieux comprendre les attentes des collaborateurs, et parfois même d’éviter des situations de rupture. Avec les évolutions législatives récentes, cet entretien prend une autre dimension. Il ne s’agit plus seulement d’un outil RH, mais d’un dispositif encadré, suivi et désormais contrôlé.
Une réforme qui redéfinit l’entretien professionnel
À partir du 1er octobre 2026, l’entretien professionnel évolue vers un nouveau format : l’Entretien de Parcours Professionnel (EPP), instauré par la loi du 24 octobre 2025 (Journal Officiel, publication octobre 2025). Ce changement marque une volonté claire des pouvoirs publics de structurer davantage le suivi des salariés et renforcer les obligations des employeurs, dans la continuité des réformes engagées depuis la loi “Avenir professionnel” de 2018 (Ministère du Travail, mise à jour 2025).
Concrètement, on passe d’un entretien périodique à une logique de parcours, avec des points de contrôle tout au long de la vie professionnelle.
Des étapes clés tout au long de la carrière
La réforme introduit plusieurs rendez-vous obligatoires à des moments stratégiques.
Un entretien devra être réalisé à mi-carrière, autour de 45 ans, afin d’évaluer les compétences, les perspectives d’évolution et les besoins d’adaptation (Ministère du Travail, dossier réforme 2025–2026). Un second entretien est prévu en fin de carrière, avant 60 ans, avec un objectif d’anticipation et d’accompagnement des transitions professionnelles (Service-Public.fr, mise à jour 2025).
À cela s’ajoute un élément central du dispositif : le bilan récapitulatif tous les 8 ans, permettant de vérifier que le salarié a bien bénéficié des entretiens et d’au moins une action de formation (Code du travail, articles L6315-1 et suivants, version en vigueur 2025).
Une sanction financière bien réelle
Le non-respect de ces obligations n’est pas sans conséquence. Pour les entreprises de 50 salariés et plus, un abondement correctif du CPF est prévu si les obligations ne sont pas respectées sur une période de 8 ans (Caisse des Dépôts – réglementation CPF, documentation officielle 2025). Le montant est fixé à 3 000 € par salarié concerné.
Ce mécanisme, déjà en place depuis plusieurs années, fait aujourd’hui l’objet de contrôles renforcés dans le cadre des nouvelles mesures de lutte contre la fraude à la formation (Ministère du Travail, plan de contrôle 2025).
Managers et RH en première ligne
Dans la pratique, ce sont les managers et les équipes RH qui portent ces entretiens. Et c’est souvent là que les écarts apparaissent. Certains entretiens restent trop formels. D’autres, au contraire, manquent de cadre et de traçabilité. Or, la réforme insiste précisément sur ces deux points : la qualité de l’échange… mais aussi sa formalisation. Les attendus sont désormais plus clairs, mais aussi plus exigeants.
Conduire un entretien professionnel ne s’improvise pas. Un entretien réussi ne repose pas uniquement sur une grille ou un document à compléter. Il repose sur une posture.
- Savoir écouter sans orienter
- Reformuler avec précision
- Faire émerger un projet réaliste
- Inscrire l’échange dans une logique de suivi
Ces compétences sont aujourd’hui identifiées comme clés dans les référentiels RH, notamment dans les recommandations du Ministère du Travail et des organismes certificateurs (Référentiel Qualiopi, version en vigueur 2025).
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Une formation pour sécuriser vos pratiques
Pour répondre à ces enjeux, AFTEC Formation Professionnelle Rennes propose une formation dédiée : “Réussir vos entretiens professionnels”. Un format court (7 heures), conçu pour être directement opérationnel.
Les participants y travaillent :
- Le nouveau cadre légal issu de la réforme 2025–2026
- Les obligations liées à l’EPP
- La structuration des entretiens
- Les techniques de conduite
- Les outils de suivi
L’approche privilégie la mise en situation, avec des cas concrets inspirés du terrain.
Anticiper pour éviter les écarts
Mettre en conformité ses pratiques ne se fait pas du jour au lendemain. Cela implique souvent de revoir les outils internes, d’harmoniser les pratiques managériales et de sensibiliser les équipes aux nouveaux enjeux. Attendre, c’est prendre le risque :
- d’oublis dans le suivi
- de comptes rendus incomplets
- d’écarts constatés lors d’un contrôle
À l’inverse, anticiper permet de structurer durablement ses pratiques.
La réforme de l’entretien professionnel ne doit pas être vue uniquement comme une contrainte. Elle peut devenir un levier pour améliorer le suivi des collaborateurs et renforcer la qualité du dialogue en entreprise.