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18 Mai 2018

Marie de La Rivière intervient à l'AFTEC Formation Continue dans le cadre de la formation Gérer son temps et ses priorités. Pour préparer la session de juin à Rennes, nous lui avons posé quelques questions.

AFTEC : Pourquoi est-il si difficile de gérer son temps ?

Marie de La Rivière : Il me semble que c’est d'abord une question de société. Nous ne sommes plus à l’époque où l’on vivait au rythme des saisons, et où le coucher du soleil signifiait la veillée ou la fin de la journée. Nous ne sommes même plus à l’époque où, pour recevoir une réponse à une question, nous postions un courrier et attendions patiemment sa réponse. Nous sommes aujourd’hui à l’heure de l’instantané, où tout va très vite. Les ordinateurs sont de plus en plus puissants, mais avons-nous acquis la pleine capacité à nous adapter à cette immédiateté ? L’information nous submerge au point de parler d’infobésité. Les résultats sont demandés toujours plus vite. Et nous sommes également surstimulés par une offre variée de sorties, d’activités, qui n’existaient pas auparavant. Dur dur de résister à l’envie de tout faire !

A : Les imprévus ou « urgences » sont-ils les seuls responsables de notre incapacité à réaliser ce que l’on a priorisé et planifié ?

MdLR : Bien sûr, il y a les imprévus, les urgences, et ils sont légions. Mais parfois, la charge en elle-même est très élevée. Pour arriver à tout caser, on remplit l’agenda de rendez-vous ou de réunions sans temps « morts ». Ou peut-être devrions-nous plutôt parler de « temps de vie », car ce sont ces intervalles qui permettent de souffler, de finaliser ou de préparer sereinement les choses. Et dans ce temps « contraint », dans nos agendas remplis au maximum, chaque grain de sable vient prendre d’importantes conséquences, sur les délais, mais aussi notre stress, qui va lui-même réduire notre capacité à faire face. Et c’est le cercle vicieux de la désorganisation...

A : Certains comportements nuisent à notre gestion du temps. Quels sont ceux qui à votre avis ont le plus grand impact ?

MdLR : C’est vrai que nous sommes très forts pour nous compliquer la tâche tout seul ! Parmi les comportements qui nuisent à notre gestion du temps, il y a la fameuse procrastination, cette tendance à remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le jour même. Ce qui est intéressant, c’est de chercher à comprendre pourquoi on procrastine certaines tâches : sont-elles routinières ? Peu agréables ? Ou y-a-t-il une peur sous-jacente ? Peur de blesser, de ne pas savoir comment s’y prendre, de rater mais aussi de réussir ou d’avoir fini. Il y a des centaines de raisons à la procrastination, et chacune nous parle de nous. Il peut aussi y avoir une tendance au perfectionnisme, à la difficulté de lâcher. Et là, on trouve des personnes qui peuvent se perdre dans les détails, ou ne jamais terminer ce qu’elles font, car ce n’est jamais suffisant par rapport à leurs propres attentes. Ou aux attentes qu’elles imaginent chez les autres, sans les avoir vérifiées. Et puis, il peut aussi y avoir une difficulté à dire non ou à négocier les délais.

Et enfin, chez beaucoup de personnes, on trouve une sous-estimation des tâches à accomplir : « J’ai bien conscience du temps que je vais passer chez mon client, mais pas forcément de celui dont j’ai besoin pour préparer le rendez-vous, ou pour le finaliser. Et comme il faudra quand même le préparer ou le finaliser, et que je n’ai pas prévu le temps nécessaire, je me pénalise moi-même ! »

A : Est-il facile de reprendre le contrôle sur ces comportements pour en adopter de nouveaux plus simples et plus performants ?

MdLR : En fait, il y a 2 niveaux de reprise de contrôle. En premier lieu, une prise de conscience est nécessaire, pour prendre du recul sur sa propre relation au temps, et comprendre comment on fonctionne. En général, on voit tout de suite quelques points à améliorer facilement, et là il existe des techniques simples qui amènent des changements immédiats. C’est très encourageant, quand on sort de formation, de voir tout de suite des améliorations sur le poste de travail ou dans son quotidien ! Et puis, selon les personnes, certains points seront plus longs ou plus compliqués à mettre en place, et c’est normal, c’est profondément humain. Pourtant, ça vaut le coup de faire cette démarche ! L’idée étant d’agir en douceur et en bienveillance envers soi-même, en s’appuyant sur ce qui va plutôt qu’en luttant contre ce qui ne va pas.  

A : Certains d’entre nous ne rencontrent pas de problème à prioriser et planifier leur travail mais sont parasités par leurs émotions (stress, environnement hostile, pression managériale…). Votre approche intègre-t-elle la maîtrise des émotions pour maximiser l’efficacité des techniques de gestion du temps nouvellement acquises ?

MdLR : Bien sûr ! La gestion du temps touche les personnes au plus profond d’elles-mêmes, et il n’est pas rare de voir les émotions ressortir pendant la formation. Ce qui est intéressant, c’est d’imaginer l’organisation comme la partie émergée d’un iceberg. Et juste en-dessous, on trouve toutes les composantes de la personne : son environnement, son contexte, sa capacité à gérer ses émotions, son histoire… Très vite aussi, on se trouve sur des questions de communication.

La gestion du temps est un thème qui touche la personne dans sa globalité. Et si je peux l’aider à mieux vivre, à être plus sereine au quotidien, cela donne tout son sens à mon travail. Même au sein d’un groupe, le temps d’une formation, j’essaie de donner à chaque personne ce dont elle a besoin pour repartir avec ses propres solutions. Et ça, c’est vraiment passionnant !

Ne ratez pas la prochaine session de formation "Gérer son temps et ses priorités" à Rennes les 14 et 15 juin 2018.

Inscrivez-vous auprès de Delphine Alicot : 02.99.86.19.32 ou delphine.alicot@aftec.fr
 

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